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Savez-vous que se sont les Anglais et les Néerlandais qui sont à l’origine du commerce équitable ?
Tout a commencé avec la mise en place de «
worldshops » ou de magasins du Monde. Cette activité, alors
qualifiée de « commerce alternatif » a progressivement pris de
l’ampleur à travers toute l’Europe. Ce commerce devait néanmoins
rester tout à fait marginale, tout simplement parce qu’il de
s’adressait qu’à un public déjà sensibilisé à la cause et
militant.
Peu à peu l’idée fait du chemin et à la fin
des années cinquante : l’idée de vendre des produits artisanaux
réalisés par des artisans en difficulté dans le tiers-monde (nom
donné à L’époque aux pays en voie de développement) tout en leur
garantissant des revenus réguliers se matérialise grâce à l’ONG
anglaise internationale Oxfam (Oxford Committee for famine
relief). Celle-ci fut créée en 1942 par des religieux afin de
lutter contre la faim dans le monde.
Il s’agit principalement de supporter les
populations locales sans toutefois les traiter comme des
mendiants à qui l’on fait la charité mais plutôt comme des
partenaires commerciaux qui vendent des produits de qualité.
Oxfam met alors en place la logistique nécessaire pour répondre
au besoin de ces artisans. En 1965, Oxfam crée les « Bridge
Programme ». Ces missions ont pour but de créer un lien entre
des consommateurs du Nord et des artisans ou des paysans
d’Amérique Centrale et du Sud, d’Afrique et d’Extrême Orient.
Petit à petit, un réseau de boutiques du
monde, géré par des bénévoles et vendant des articles issus de
collectes et des produits fabriqués par des artisans du Sud en
difficulté assure une des principales sources de revenus à
l’association. Puis des produits alimentaires sont introduits.
Au début des années quatre-vingt, Oxfam développe la vente par
correspondance. Aujourd’hui, 22000 bénévoles travaillent dans
830 boutiques Oxfam au Royaume-Uni.
Au Pays Bas, dès 1959, SOS, une
association caritative, mise en place par des jeunes
catholiques, importe des objets d’artisanat, issus pour la
majorité d’entre eux de missions chrétiennes du tiers-monde dans
un but de solidarité. Il s’agit principalement d’objets en bois
venus des bidonvilles d’Haïti, de pots de cactus, de cintres, de
cendriers en bambou et de petits objets décoratifs des
Philippines, d’objets en faïence et en paille du Mexique et de
sandales venues d’Inde. Ils étaient vendus lors des kermesses
paroissiales et par correspondance. SOS est la première
organisation européenne de commerce équitable, elle devient
ensuite S.O.S. Wereldhandel et, finalement, Fair Trade
Organisatie.
En 1964, lors de la première Conférence des
Nations Unies pour le Commerce Et le Développement (CNUCED), les
pays du Sud insistent sur la nécessité d’échanges justes ("du
commerce, pas de l’assistance", "Trade not aid"). C’est sur
cette conception de l’aide aux pays en développement que se
fonde le commerce équitable. C’est sur cette revendication des
pays du Sud d’être mieux intégrés au commerce mondial que se
fonderont les clauses du GATT (General Agreement on Tarifs and
Trade) concernant le « système de préférence généralisé » (le
SPG). Le GATT est un accord entre un très grand nombre de pays
du bloc de l’Ouest, dans lequel ils s’engagent progressivement
dans la diminution des droits de douanes sur les produits
industriels. Le SPG constitue une dérogation en faveur des pays
en développement afin qu’ils puissent par exemple accéder aux
marchés des pays développés sans réciprocité (c’est-à-dire sans
avoir à ouvrir le leur en contrepartie).
C’est en 1986 que des producteurs de café
Mexicains réclament un commerce équitable.
De 1982 à 1985, l’ONG Solidaridad (action
inter-églises pour l’Amérique Latine) de Hollande importe du
café du Mexique par une filière de commerce alternatif. Leur
interlocuteur est l’UCIRI (Union des Communautés Indigènes de la
Région de l’Isthme du Oaxaca) qui produit du café biologique et
a une organisation sociale dont l’objectif est d’améliorer les
conditions de vie des producteurs, en se libérant du joug des
intermédiaires. Le succès de la coopérative attire de nombreux
membres, si bien que les débouchés du commerce alternatif
deviennent très insuffisants. C’est lors d’un voyage des
représentants de l’UCIRI en Hollande, que ses représentants font
la demande : « Aidez-nous à vendre notre café sur le marché à
bon prix ».
Source :
http://infos.equiterre.com/article.php?id_article=9
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